Au secours, ma famille ne veut pas que je devienne végétarien/vegan !

Quelques conseils pour bien commencer

Coucou, ce post s’adresse avant tout aux ados comme moi qui ont du mal à faire accepter leur végéta*isme à leur famille, mais aussi aux adultes qui ne se font pas comprendre dans leur famille par rapport à ce sujet parfois sensible. Ici j’essaierai de vous donner quelques conseils pour que tout se passe au mieux ! Mais avant tout, sachez qu’il n’y a pas de solution miracle, vous n’avez pas changé du jour au lendemain alors n’en attendez pas tant de vos proches, il faut être patient…
Je sais que certaines familles sont très fermées par rapport à ça, certains de mes amis me disent carrément « mais moi mes parents ne voudraient jamais me laisser être végéta*ien, ils seraient trop inquiets/en colère, ils ne voudraient pas me laisser cuisiner autre chose,… ». Alors parfois, annoncer son végéta*isme devient encore plus délicat que de faire son coming-out. On a peur du rejet, de ne pas se sentir accepté, d’être incompris. Pourtant, c’est un sujet qui vous tient à cœur ? Alors assumez vos choix, lancez vous ! Devenir végéta*ien changera votre vie, mais je vous assure que ça en vaut vraiment la peine.

1. La règle d’or : com-mu-ni-quez :
C’est toujours difficile de changer de mode de vie, et certains parents peuvent le vivre comme une remise en question de leur propre mode de vie et de l’éducation qu’ils vous ont donnée et donc se braquer, voire devenir carrément agressifs et rejeter votre choix…Ensuite, ils sont très probablement ignorants sur le sujet, il est donc normal qu’ils s’inquiètent pour vous, votre bien-être et votre santé. Depuis toujours, on leur rabâche qu’il faut manger de la viande pour les protéines, du lait pour le calcium, etc, et vous, vous leur annoncez d’un coup que vous voulez tout arrêter. Alors là, panique à bord, leur pauvre petit chouchou va être carencé de partout et mourir de faim à se nourrir de céleri et de laitue ! Donc là, vous vous retrouvez face à un mur. Que faire ?

Tout d’abord, il faut comprendre que leur réaction est une réaction d’incompréhension : ils ne savent pas et donc ils se hérissent, à la fois par défense et pour votre protection. C’est normal qu’ils réagissent en premier lieu, ils se préoccupent de vous et donc ne veulent pas que quelque chose vous arrive. Mais pour dépasser le stade de l’incompréhension, il n’y a qu’une seule solution : communiquez. Parlez-leur, expliquez-leur le sens de votre démarche, montrez-leur les bénéfices d’un régime végéta*ien à la fois pour votre santé et pour la planète, cuisinez-leur des bons petits plats pour leur montrer la diversité et la richesse de votre nouvelle alimentation. Mais ne restez surtout, SURTOUT PAS dans votre coin à pousser le steak haché qu’ils vous ont servi quand même (« parce que faut bien que tu manges ») et à manger trois pauvres haricots verts en râlant. De un, vous aller assez vite avoir la dalle (non, pas une petite faim gentille, LA DALLE, la vraie, certains d’entre vous savent sans doute de quoi je parle) et être complètement exténué et tout pâle et de deux, vos parents vont vraiment finir par croire que vous êtes malades et se fermer encore plus puisqu’ils verront des effets néfastes. Renseignez vous, expliquez leur comment avoir une alimentation végéta*ienne saine et équilibrée, allez voir les guides de l’AVF à ce sujet par exemple, qui sont bien faits. Attention, je ne vous encourage pas à manger de la viande si on vous force, je veux simplement dire que si vous voulez que votre famille respecte votre mode d’alimentation vous devez être clair et leur expliquer de quoi il s’agit exactement.

2. Soyez clairs dans votre démarche
Les carnistes peuvent être très critiques à l’égard des végéta*iens, et le plus souvent ils ne laissent pas passer la moindre faille. Donc, si vous voulez vous faire prendre au sérieux, faites le moins d’ « écarts » possibles. Parce que si vous vous dites vegan et que vous râlez dès qu’on vous sert des produits animaux mais que vous acceptez de manger de la viande, du lait, des oeufs ou du poisson de temps en temps, votre famille va être complètement perdue. « Et là, tu en veux ? L’autre jour tu en as mangé pourtant, de ma tartiflette… ». Expliquez leur avec précision vos attentes : si vous voulez manger du poisson une fois par semaine, dites leur que vous voulez manger du poisson une fois par semaine. Si vous ne voulez pas manger de produits animaux du tout, dites leur que vous n’en voulez pas du tout. Et agissez en conséquence. Il faut un certain temps d’adaptation, et au début les végéta*iens débutants ou leurs proches font souvent des « erreurs », du style « ah j’ai pensé à toi, comme tu es végétarien maintenant je t’ai fait du poisson ! ». Ce n’est pas grave, il est impossible d’être un végéta*ien parfait aujourd’hui alors ne faites pas non plus une dépression si vous avez avalé un morceau de fromage ou un lardon par inadvertance, mais SOYEZ CLAIRS, je le répète. Montrez à votre entourage votre conviction. Un végéta*ien qui ne fait jamais d’écarts (volontaires) et consomme en accord avec ses convictions attire automatiquement beaucoup plus le respect vis-à-vis de son choix ; au moins, les choses sont claires, nettes et précises.


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« Si on est pas irréprochable », du blog hilarant d’insolenteveggie. http://www.insolente-veggie.com/si-on-est-pas-irreprochable/


3. Soyez patients
Lorsqu’on devient végéta*ien, on a souvent un élan de prosélytisme (oui, j’ai utilisé le mot prosélytisme…pour ceux qui auraient des doutes ça veut dire qu’on essaie de « convertir » tout le monde) et d’un coup on voudrait convaincre tout le monde de sauver les bébés canards, d’arrêter l’élevage en batterie et de libérer tous ces animaux exploités. Sauf que dans la plupart des cas, soit a) votre auditoire n’est pas du tout réceptif à vos idées soit b) il y est carrément hostile. Beaucoup de carnistes deviennent limite agressifs quand on leur parle de spécisme ou de souffrance animale, tout simplement car au fond, ils se sentent un peu coupables d’être en partie responsables…Et surtout, beaucoup de gens n’ont jamais entendu parler de végéta*isme auparavant, ou alors ont la vision erronée d’une bande de hippies carencés, et ils ont bien l’intention de rester fermes sur leurs positions. Vous ne les convaincrez pas en une conversation de changer de vie. Et heureusement ! Ils ont leurs opinions, leurs idées (plus ou moins préconçues), ils ne sont pas influençables, et c’est normal de ne pas faire changer quelqu’un d’opinion en cinq minutes sur un sujet aussi sensible. Pensez que vous aussi, vous avez mis un certain temps à prendre conscience de certaines choses et à faire la transition. Donc soyez patients, les choses mettent parfois du temps à bouger. Si vous montrez l’exemple en étant rayonnant et en bonne santé, les gens autour de vous qui voient votre réussite vont commencer à s’interroger d’eux-mêmes et/ou à vous poser des questions. C’est la théorie de l’influence silencieuse qui, à mon sens, est la plus efficace (après c'est mon opinion, si vous préférez les grands plaidoyers larmoyants, faites vous plais'). Rappelez vous simplement : chacun son rythme, les choses mettent du temps à bouger et brusquer les gens a souvent un effet inverse à celui espéré… Ce qui nous amène au prochain point :

4. Le silence est d’or
Il est très important de communiquer, je l’ai déjà dit, toutefois dans certains cas mieux vaut savoir se taire. Tout le monde n’a pas envie d’entendre parler de votre régime alimentaire et ne partage pas le même avis que vous, c’est pourquoi il faut éviter au maximum de vous embarquer dans des débats stériles et sans fin. Personnellement je n’en parle pas au lycée, sauf à mes amis proches, et la plupart des gens ne sont pas du tout au courant. Posez vous la question : est-ce que tout le monde a vraiment besoin de le savoir ? Je pense que ce n’est pas la peine de le crier sur tous les toits, ni de s’en vanter. Cette attitude vous attirera sans doute plus d’opposants que d’amis. En plus –surtout au collège-lycée- c’est assez facile de se retrouver avec des étiquettes ; personnellement je n’ai pas envie d’être fichée comme « la meuf végétarienne » (vegan en fait, mais passons, j’explique plus aux gens en disant végétarienne car vegan est un mot moins connu). Bref, c’est super d’être végéta*ien, d’avoir ses convictions, mais n’espérez pas pouvoir en parler ouvertement et gentiment avec tout le monde : si vous sentez que quelqu’un est vraiment fermé, pas la peine de s’obstiner vous ne le convaincrez pas comme ça.
Bon, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, j’espère que mes conseils vous seront utiles et vous aideront vous et votre famille à mieux vivre ce changement. Enfin souvenez vous que personne n’est parfait et qu’il est impossible de rester toujours calme face aux réactions des autres, ne vous en voulez pas si parfois vous craquez ; croyez-moi, ça arrive. Relativisez, et restez bienveillants et ouverts, avec une attitude positive.
Et surtout, sachez que vous n’êtes pas tout seul dans ce cas, alors n’hésitez pas à parler à d’autres végéta*iens que vous connaissez ou sur des forums, ça fait toujours du bien de se sentir compris et d’être conseillé par d’autres qui ont parfois vécu une expérience proche de la vôtre.

A bientôt et bon courage !!

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