Des boeufs, des rats, et des koalas

Dans Science et avenir on s'apitoie sur le sort de 700 koalas que le gouvernement a pris la décision d'euthanasier afin de leur éviter de mourir de faim. Décision qui aurait créé colère et émotion dans la population.

Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander: le même jour, en Australie, combien de boeufs on été abattus, dans l'indifférence générale ? Combien de cochons, d'agneaux, de poulets, de lapins ?

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D'accord les koalas c'est mignon, ce sont des marsupiaux, des animaux emblématiques de l'Australie avec les kangourous. En plus ils ont le bon goût de se nourrir exclusivement de feuilles d'eucalyptus et donc de ne pas ravager les potagers ou les cultures comme les vulgaires blaireaux ou sangliers de nos contrées. Et il ne faut pas toujours être négatif: la compassion pour les animaux est une bonne chose en soi, et je me réjouis de voir qu'elle progresse, tout en me désolant de son caractère sélectif et spéciste. Notons d'ailleurs que même la décision d'euthanasier un certain nombre de koalas était motivée par la compassion et le souci de leur bien-être collectif.

Autre demi-bonne nouvelle qui me laisse une impression mélangée: ayant réussi à obtenir plus d'un million de signatures dans toute l'Union Europénne, l'initiative Stop Vivisection oblige maintenant, selon une clause du traité de Lisbonne, la Commission Européenne à se saisir du sujet. C'est un événement en soi car le nombre de signatures à obtenir dans 7 pays différents au moins est tellement élevé que ce n'est que la troisième fois qu'une telle procédure est activée.

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Oh, les labos peuvent dormir sur leur deux oreilles: après avoir auditionné les pétitionnaires, les technocrates de Bruxelles ont toute latitude pour transmettre le dossier au Parlement Européen... ou pas. Quand bien même ils le feraient, quand bien même les députés européens, malgré un intense lobbying des big pharma entre autres, décidaient non d'interdire (ne rêvons pas) mais de restreindre les expériences sur les animaux, nos brillants politiques nationaux ne manqueraient pas, la main sur le coeur, de se plaindre amèrement des règlementations absurdes et tâtillones qui mettent notre santé en danger et empêchent la reccherche scientifique de progresser. On peut leur faire confiance, ils ont toujours défendu nos belles traditions comme le foie gras, le monopole des notaires et la corrida avec la même énergie. Peut-être est-ce l'effet de la junk food ? En tout cas la dose de conservateurs dans le sang des décideurs politiques français reste largement au-dessus des seuils acceptables pour une bonne santé démocratique.

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