Les veggies ne sont pas tous des hippies

Lu dans Slate aujourd'hui cet article: est-il temps de prendre les défenseurs des animaux au sérieux ? Longtemps vus comme de doux rêveurs idéalistes, ou bien comme des miliants extrémistes et misanthropes, les veggies ressemblent de plus en plus à monsieur-tout-le-monde et leurs arguments finissent par faire mouche.

Je n'écris pas dans ce blog pour parler de ma pomme, mais si vous regardez mon profil sociologique: études supérieures, cadre moyen, la quanrantaine, deux enfants. Un de ces prolétaires en col blanc qui prend sa petite sacoche pour aller au boulot le lundi matin, et passer une bonne partie de la journée devant un ordinateur. Qui vote centre-droit, est poli avec ses voisins, paye ses impôts et s'excuse quand il rote à table. Bref, vu de l'extérieur, je ne ressemble pas tellement un hippie à cheveux longs qui habite un squat, fume de l'herbe, joue Bob Marley sur sa guitare et roule en combi Wolkswagen rose.

Comment suis-je devenu végétarien ? Progressivement, grâce à une prise de conscience de plus en plus nette. J'ai toujours su que les animaux de boucherie étaient la plupart du temps condamnés à une vie misérable, une vie de captivité et de souffrance, mais comme la plupart des gens je m'en fichais pas mal. C'est tellement facile, il suffit de tendre la main pour attraper un morceau de bidoche sous cellophane au supermarché, et hop !

Et puis mon parcours intérieur m'a amené à développer l'empathie et la compassion. Et puis j'ai lu et vu de plus en plus de documents scientifiques qui montrent à quel point les animaux sont intelligents, sensibles, sociables. À quel point la vision de Descartes qui compare les chiens à de simple machines dépourvues d'âme est fausse, contraire à toutes ces observations scientifiques récentes. À quel point la philosophie qui nous accorde le droit de dominer et exploiter les autres espèces animales sans limites et sans éthique n'est pas une philo-sophie car elle ne contient ni amour ni sagesse.

Et puis j'ai voulu réduire réellement mon empreinte écologique, mon bilan carbone, tout ça. Passer des bonnes intentions aux actions concrètes. Sans tout révolutionner, j'ai voulu réduire mes déchets directs et indirects au quotidien.

Et puis j'ai commencé à m'informer davantage. Sur la faim dans le monde et le fait que la plus grande partie des céréales servent à nourrir le bétail des pays riches. Sur la déforestation. Sur le fait qu'une alimentation sans viande est non seulement possible mais préférable pour la santé. Sur la disparition rapide de milliers d'espèces sauvages par la destruction de leur habitat, la surpêche, etc.

Et puis j'ai découvert mille et une recettes délicieuses sans produits animaux.

Et puis aujourd'hui je deviens de plus en plus militant. En démarrant ce blog avec d'autres membres de ma famille. En adhérant à L214. En parlant autour de moi. Je ne suis pas un révolutionnaire, ni un idéologue. Non, je suis un homme comme un autre, mais j'ai acquis des convictions et l'envie de les défendre. Sans aggressivité inutile, en prenant le temps d'expliquer. Je n'oblige personne à m'imiter ou à m'approuver mais je peux vous garantir ceci: oui, je suis quelqu'un de sérieux et mon choix de devenir végétarien l'est tout autant.

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